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15 Impasse des mimosas – 17450 FOURAS.

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Une reconversion hors norme ! qui je suis, pourquoi les enfants ?

Demander à un enfant en troisième ce qu’il veut faire de sa vie d’adulte en vu de l’orienter dans tel ou tel secteur d’activité est surement la plus belle vacherie que l’on puisse lui faire ! Ce fut mon cas et j’ai bien peur que plus de trente années plus tard, cette même question jettera le trouble dans l’esprit de mon adolescent de fils… et de ses parents !
Mais puisqu’il s’agit de mon parcours aujourd’hui, n’anticipons pas ! Donc à la fin de ma troisième, à cette question, je pouvais aligner tous les stéréotypes des enfants de mon âge, pilote de chasse, architecte, routier même ! Mais surtout en fait, je n’en avais pas la moindre idée… mais on ne pouvait cocher cette solution ! Je pense que dans mon cas une filière « généraliste » aurait surement été plus adaptée compte tenu de mon incertitude et m’aurait permis de murir un choix quel qu’il soit, mais ce ne fut pas l’option choisie.
Ayant toujours été gourmet voire gourmand, à cette époque faire un peu de cuisine m’amusait beaucoup et j’obtenais de temps à autre quelques succès d’estime dans le cercle de famille bienveillant. Aussi, arrivée au moment crucial du choix de l’orientation de fin de 3ème, mes parents choisir pour moi, tu seras cuisinier mon fils ! A défaut d’idée sur ce métier, pourquoi pas !
Le concours réussi (il y en avait un pour le lycée des techniques hôtelières choisi) voici comment je me suis retrouvé embringué dans cette profession. Mais voila, il ne me fallut pas quinze jours pour découvrir que je n’avais pas du tout le feu sacré pour ce travail dont je découvrais qu’il nécessitait plus que de l’envie, mais une réelle vocation pour en atténuer les immenses contraintes. Ce n’était pas mon cas, loin de là !
Pourquoi je n’ai pas arrêté tout de suite ce gâchis, c’est une question que je me pose encore aujourd’hui ! Bref j’ai vécu les 3 années les plus pénibles de ma jeune vie d’adolescent, 3 années où je me retrouvais coupé de ma famille, perdais mes repères et mes amis mais apprenais malgré tout les bases de cette exigeante profession.
C’est ainsi que très vite j’ai cherché la voie parallèle me permettant de valoriser mes connaissances toutes neuves tout en évitant la restauration traditionnelle à proprement dit et ses contraintes difficilement acceptables lorsque l’on n’est pas né dans ce milieu ; seul le système militaire offrait un vague échappatoire.
Voila comment je suis devenu « Cadre » dans le secteur de la restauration collective dans l’armée de l’air. En dépit d’un choix nullement dicté par une quelconque vocation, j’ai effectué une carrière enrichissante dont je n’ai pas à rougir. Après la réussite d’un certain nombre de concours internes, je me hissais au grade de Major…. Cette dernière promotion m’a amenée à diriger, directement ou indirectement, des équipes de travail de prés de 200 personnes,
Mais voila, la vie militaire n’est pas non plus un « long fleuve tranquille » et réclame entre autre une certaine souplesse et/ou ouverture d’esprit, qui, je dois bien l’avouer aussi, s’érode avec le temps !

Il a suffi d’une nième mutation ne me permettant plus de vivre au sein de ma cellule familiale, pour franchir allégrement le point de non retour des sacrifices que j’étais prêt à consentir pour ce métier. J’ai donc fait le choix de mettre fin, au bout de 30 années, à cette carrière militaire.

Il me fallait maintenant rebondir après toutes ces années passée au sein d’une administration sécurisante et affronter la jungle du « dehors »… je m’y employais lors de ma dernière année.
Mon métier d’origine, celui que j’avais fuit en d’autre temps me rattrapais ! Une centaine de cv et lettres de motivations plus loin ayant débouché quand même sur quelques entretiens, il fallait que je me rende à l’évidence, mon salaire était divisé par 2 et le temps effectif de travail multiplié par le même chiffre, tout ça pour en bout de ligne ne presque plus profiter ni de ma famille, ni du reste d’ailleurs !
En plus à 50 ans, on me faisait comprendre à demi mots de ne pas faire la fine bouche…
Alors j’ai été lucide, je n’allais pas repartir dans un métier que j’avais fuit 30 ans plutôt le tout (crise aidant) dans des conditions encore plus dures qu’à l’époque. Et puis mes années de cadres m’avaient appris à diriger, organiser la vie de gens, pour ne prendre que cet aspect, je ne me sentais pas prêt à repasser derrière « la barrière ». Il me fallait trouver autre chose… Voici l’état des lieux

Durant les sept dernières années de cette activité professionnelle, j’avais eu l’occasion de m’impliquer, au travers de la vie associative sportive notamment, dans l’encadrement d’enfants souvent très jeunes que nous initions à la natation par le jeu. J’en retirais beaucoup de plaisir. Nettement plus tôt et toujours dans mon précédent secteur d’activité, durant les périodes estivales je travaillais régulièrement au sein d’équipes techniques contribuant au bon fonctionnement des camps de vacances de l’armée de l’air. Le contact avec les enfants dont les plus petits étaient alors âgés de trois ans, était permanent. Œuvrer au profit de leur bien-être m’apparaissait déjà comme une formidable source de motivation voire de bonheur. De ce fait, au moment d’aborder ce tournant décisif dans ma vie qu’était l’arrêt de ma carrière, l’idée de quitter ce métier alimentaire dans tous les sens du terme au profit d’une activité « passion » dont les enfants seraient le centre, m’est apparue très vite être un choix perclus de bon sens. Bien évidemment, cette nouvelle orientation relevait surement du pari pour de nombreux paramètres ! D’autant plus que je ne possédais aucun diplôme s’approchant de près ou de loin de ce secteur d’activité.
Alors je me suis rappelé les assistantes maternelles à qui je confiais mon fils et conforté dans cette idée saugrenue par mon épouse, je me suis intéressé, sans grande conviction, au départ, au métier d’assistant maternel, voire d’assistant familial, métiers qui, de prime abord, ne se déclinaient pas encore au masculin !

Quelques réunions organisées par la protection maternelle infantile (PMI) plus loin et l’accord de principe de mon épouse et de mon fils quant à l’accueil d’enfants à la maison, je suivais la formation dite « initiale » d’assistant maternel, prenant pour ça des jours de congés auprès de mon employeur. J’ai reçu un agrément cette même année. Il me permettait d’accueillir simultanément 2 enfants un bébé et un enfant d’au moins 2 ans. Pour autant, je ne savais pas encore si je valoriserais cette formation en en faisant mon futur métier. Au pire c’était une corde supplémentaire à l’arc de mes possibilités. Dans cette période précédent ma reconversion, me donner le plus de d’opportunités possible me semblait très important !
Toujours dans le souci d’accroitre mes compétences dans le domaine de l’enfance, cette même année, lors de l’été 2009, j’ai passé les stages qualifiants conduisant à l’obtention du Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur (BAFA). Dans le cadre de cette formation j’effectuais le stage pratique dans le centre de loisir de la petite ville que j’habite, découvrant à 50 ans, en même temps que des co-stagiaires dont les plus jeunes avaient à peine 18 ans !, les joies d’organiser la vie d’enfants ! Bon c’est vrai, pour avoir déjà un fils, j’avais un peu d’avance sur ces derniers ! Une autre forme de mixité, mais celle-ci basée sur l’âge….
L’obtention du BAFA m’offrait une seconde possibilité de travail au contact des enfants, celle d’animateur de centre de loisir, nouvelle voie qui pouvait m’amener tôt ou tard à passer le BAFD, permettant d’accéder à la direction de ce type de structures.

Ces deux premières approches de ce que pourrait être ma future vie professionnelle me confortaient totalement dans le bon sens de mon choix. J’avais mis le doigt dans l’engrenage de la reconversion…

L’armée de l’air, comme les autres armes d’ailleurs, est habituée à reconvertir les personnels la quittant. Surfant sur cette « vague », à une période où le non remplacement nombre pour nombre des fonctionnaires touchait aussi fortement ce secteur activité, fort d’un projet qui prenait doucement corps, je faisais, moi aussi, valoir mon droit à reconversion.

Dans le registre des enfants peu de stages étaient proposaient par mon institution, j’optais néanmoins pour une formation pour adultes préparant au CAP…. de la petite enfance sur une année, faisant fi de tout préjugés sexistes.

Pourquoi le certificat d’aptitude professionnel de la petite enfance, certainement parce qu’il s’agissait du diplôme le plus en adéquation avec les critères temporels et financiers fixés par mon ancienne administration.

C’est ainsi que je me suis retrouvé en septembre 2009, seul homme entouré d’une quinzaine de femmes, à suivre cette formation en alternance pour adulte qui allait le temps d’une année scolaire, me permettre de découvrir l’univers professionnel de la petite enfance.
J’appris durant cette période l’humilité, après m’être hissé à coup de concours internes, à un niveau de responsabilités intéressant m’ayant permis, entouré de proches collègues, de manager des équipes de travail souvent importantes ; j’avais fait table rase de tout ça, je repartais au plus bas de l’échelle de ce nouveau job ! Les acquis glanés année après année au cours ma précédente carrière ne m’étant plus d’une grande utilité.
Sous la coupe de jeunes trentenaires ambitieuses, (le plus docilement possible !), j’assimilais les arcanes de ce nouveau métier en tentant de ne rien laisser passer, me demandant au passage comment j’avais fait pour « élever » mon propre fils en ne me basant que sur mon instinct ! Je découvrais aussi au passage avec surprise et souvent à mon insu et non sans un certain énervement, les règles des communautés féminines de travail… regrettant souvent, par ailleurs, la sincérité « virile » voire « brute de décoffrage» qui caractérise les rapports des hommes entre eux ne tournant pas autour du « pot », et ne s’encombrant pas de beaucoup de scrupules pour communiquer si besoin est…
Cette période fut néanmoins riche en enseignements et de stage en stage effectués dans différentes crèches de la région, j’entrevoyais plus précisément ce que je souhaitais faire de ma vie future et
en construisais le socle.

A ce stade là, je ne savais pas encore précisément si mon choix se porterait sur une activité professionnelle à mon domicile, en qualité de d’assistant maternel, en crèche, au sein d’une équipe voire en qualité d’animateur, dans un centre de loisir de la région. Je faisais le nécessaire pour me donner toutes les chances, arrosant au passage de cv et de lettres de motivations les différents centres de loisirs et crèches de la région. J’étais, malgré tout conscient qu’à 50 ans j’avançais à contre pied et sans visibilité, dans des métiers féminisés à outrance et que l’image d’un homme désirant soudainement s’occuper d’enfants pouvait inquiéter face aux faits divers souvent largement relayés par les médias….
Néanmoins je partais confiant, on verrait bien ! Ces 3 projets me semblant aussi intéressants l’un que l’autre, je me préparer à saisir la première opportunité….
Et cette première opportunité fut….. Celle d’assistant maternel.
Fort de mon inscription sur les listes d’assistants maternels (je masculinise le terme !), une maman, qui plus est éducatrice jeunes enfants (métier « référence » parmi les professions dédiées à la petites enfances) a senti que j’étais la personne la plus adaptée pour accueillir son enfant à venir.
L’un des aiguillages placé sur le chemin de ma vie venait de basculer, je serai donc assistant maternel !

C’est ainsi que quelques mois plus tard, le CAP de la petite enfance fraichement en poche, pour lequel, les questions des examinateurs lors des épreuves orales, portaient autant sur mes connaissances que sur le pourquoi de mon orientation professionnelle, j’accueillais pour la première fois un petit Gabriel âgé d’à peine 3 mois… et c’est avec beaucoup de fierté que je relevais le défi et mettais tout en œuvre pour prouver à cette maman qu’elle avait fait le meilleur choix qu’il puisse être… ironie du sort, cette maman était en plus éducatrice jeune enfant, qualification qui fait référence dans mon nouveau métier !

Et aujourd’hui ?
Après cinq ans d’activité, j’accueille régulièrement 4 enfants, mon épouse vient de me rejoindre mon activité.

Bien sur, il s’agit d’un métier hors norme que l’on n’accomplit pas avec pour seul horizon, l’attente d’une substantielle rémunération de fin de mois comme il peut en être dans beaucoup de jobs n’ayant réellement que cette seule finalité. Ce travail réclame de l’abnégation et n’est basé que sur la confiance que porte les parents sur votre personne. D’ailleurs, Selon le vieil adage, la caractéristique de la confiance n’a t’elle pas un point commun avec les allumettes, elles ne servent qu’une fois…
Accueillir des enfants, ce n’est pas simplement les garder !
Chaque enfant est une personne à part entière et mérite le respect qui lui est du, cette idée correspond à la ligne de conduite que j’essaie de suivre pour mon activité.
Dans mon travail au quotidien avec les enfants, je propose le panel de tout ce que mes passages en crèches m’ont appris d’intéressant tout en offrant dans la mesure du possible les activités propres au degrés d’éveil de chacun. Pour ceci, je me tiens informé de ce qui se fait dans ce domaine et m’inspire de procédés innovants tels que ceux de la méthode Montessori entre autres.
S’investir au niveau de la petite enfance, même si d’aucun mettront en avant certains aspects rébarbatifs voire ingrats, me semble particulièrement motivant, j’aide les parents durant les premières années de vie de leurs loupiots, à construire les fondations de leur futur, fondations sur lesquelles s’appuieront l’enfance, d’adolescence ainsi que la vie d’adulte pour finir !
Ainsi les journées s’écoulent plus ou moins paisiblement et jour après jour, jeu après jeu, histoire après histoire j’aide les enfants qui me sont confiés à devenir «grand » en leur apportant les 2 éléments qui sont le moteur de la petite enfance, la sécurité et l’affectif…

Et demain ?
J’envisage de garder cette activité une dizaine d’années, ce qui pourrait m’amener à l’âge de la retraite.
Dans le souhait de donner une dimension encore plus professionnelle à ce métier que j’ai choisi, qui, il faut bien l’avouer, peine à être reconnu en tant que tel, je crée une extension à notre maison qui me permettra de mieux scinder l’activité professionnelle de la vie privée de notre famille…

La mixité dans cette profession n’est pas un frein mais un élan ! Elle décuple la motivation dans le fait quelle permet d’aborder différentes activités à fort clivage sexiste, avec l’envie viscérale de réussir, avec un œil neuf, novateur, sans préjugé aucun. Un homme aborde rarement les choses sous le même angle qu’une femme, le métier d’assistant maternel ne déroge pas à cette règle. Un exemple concret ?, face aux enfants une femme ne pourra s’empêcher d’être maternelle ! L’homme lui, sera plus enclin de tout faire passer par le jeu ! Quoi qu’il en soit dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, le grand gagnant de cette mixité sera l’enfant qui profitera au mieux de cette diversité et de tout ce qu’elle sera à même de lui apporter !
c. q. f. d.
Dans notre cas précis, travaillant en couple, les enfants accueillis ne s’en sentent que mieux !